Nouvelles et revues de presse de l'IDI

Marie-Paul Ross

Québec, le 4 janvier 2012 

Ceci se veut une réponse à la revue Pastorale Québec qui publiait le 8 novembre 2011 des propos recueillis par M. René Tessier concernant le récent livre de Marie-Paul Ross : « Je voudrais vous parler d’amour ….et de sexe* ». Le livre a été un bestseller en France et au Québec. Toutefois, cet ouvrage, publié aux Éditions Michel Lafon, soulève présentement des questions délicates par certains membres du diocèse de Québec pour des propos, dont l’auteure en assume l’intégrité, ainsi que la démarche scientifique reconnue par le milieu universitaire québécois. 

J’ai mal à mon église! 

En reprenant l’article de Monsieur Tessier paru dans Pastorale Québec, je me dois d’apporter des nuances et éclaircir certaines affirmations pour le moins inappropriées. Cette publication me présente comme « instigatrice du mode d’intervention globale en sexologie (MIGS)». Je suis «fondatrice» donc, initiatrice du modèle d’intervention globale en sexologie (MIGS). Le dictionnaire fait une nette différence entre les termes utilisés et la réalité. De même, la seule contrepartie apportée dans cette publication pour corroborer à mon discours, est celui de mon directeur de thèse Mgr Pierre Gaudette. Il est d’ailleurs écrit que ce fut mon « codirecteur » alors qu’avec un peu de rigueur journalistique, on aurait pu très facilement faire une recherche dans le site de la Faculté des Études Supérieures (FES) de l’Université Laval pour y lire que ce fut non pas mon codirecteur, mais bien mon directeur de thèse. De plus, un directeur collabore très rarement que « partiellement » à la direction d’une thèse et qui plus est, ne participe pas qu’à «quelques-unes de ses sessions ! Monsieur Tessier réduit le travail doctoral et, par conséquent, l’institution universitaire. 

Par ailleurs, les «déclarations fracassantes» à la suite d’une entrevue accordée à la journaliste Diane Tremblay (Livre-choc sur la sexualité des religieux, paru dans le Journal de Québec et Montréal, le 20 septembre 2011), sont des passages ciblés et amplifiés pour un spectacle médiatique sensationnaliste auquel je ne donne pas mon aval. La maturité du lecteur s’impose…

Si je prends position aujourd’hui, c’est que cette revue mensuelle diocésaine, destinée à un large public, n’a pas cru opportun de me donner la parole et je ne peux que constater, par les propos tenus, une attaque à ma personne. Conséquemment une atteinte à mon intégrité religieuse et scientifique, voire une diffamation et une discréditation à l’Institut de Développement Intégral, dont je suis la fondatrice. 

« Compte tenu de toute la visibilité qu’elle a déjà obtenue, nous avons jugé pertinent de donner la parole à d’autres personnes qui détiennent elles aussi une solide expertise » 

René Tessier

Il est dit que la parole a été donnée à d’autres personnes qui détiennent elles aussi une solide expertise. Pourquoi ne pas faire un échange de ces solides expertises pour le bien de l’église au lieu d’éliminer celle qui a tout au moins une expérience internationale, multiple et spécifique à la formation au célibat religieux. 

Ayant œuvré dans plus de 26 pays sur une période s’échelonnant sur plus d’une vingtaine d’années, après avoir obtenu un doctorat en sexologie clinique de l’Université Laval, le Prix Florence pour La promotion de la santé, le prix La gloire de l’Escolle, des Grands Diplômés de l’Université Laval, en 2011, je suis en droit d’exiger ma contribution aux propos recueillis par Monsieur Tessier. Je ne comprends pas ce jugement public de ma personne en m’excluant. Ces façons de faire sont même dénoncées et dénonciables au civil. Et je demeure persuadée que l’amour authentique est plus fort que tous les scandales. 

Je suis religieuse et catholique et je n’ai aucunement l’intention de défroquer l’église. Il est compréhensible que le désordre sexuel chez une personne dont la mission est d’enseigner le message évangélique (l’amour authentique) soit un facteur dérangeant et par conséquent, inquiétant. J’ai beaucoup de peine à entendre des collègues du monde religieux dire « il y en a aussi de ce désordre dans le monde laïc». Cette réflexion ne fait que démontrer le manque de transparence dans l’engagement à vouloir traiter des réalités bouleversantes qui brisent inévitablement la crédibilité pastorale. Un manque fondamental à sa profession est des plus sérieux. Je pourrais le comparer à un policier qui conduit en état d’ébriété ou fait du trafic de drogue. 

Je souhaite une vie pastorale vivante et saine. Un message évangélique ne peut pas passer si le messager est dans un trouble affectif, une sexualité compulsive, des attaches désordonnées, des consommations de pornographie, des états dépressifs, des dépendances variées….Et de ce fait, contribuer à y apporter des pistes concrètes de solution. 

Les réactions suscitées à la suite de la sortie de mon dernier ouvrage, qui est simplement la conclusion de mon investigation doctorale (au niveau international et s’inscrivant dans une démarche empirique) sont très variées et révélatrices de l’état de la situation d’un malaise par certains groupes corroborant au discours écrit dans mon livre. 

« Bien sûr, il y a ce chiffre de 80% qu’elle a lancé, qui ne veut rien dire: de quels écarts parle-t-on? Et puis, 80%, c’est une conclusion exagérée, une généralisation qui fausse la réalité»

L’abbé Martin Laflamme 

Justement, au sujet du 80% écrit dans le livre – dont on me pose la question ici sans me donner la parole –, je tiens à spécifier que mes recherches ce situe au niveau international (26 pays, à l’intérieure d’une démarche scientifiquement reconnue). 

J’atteste, d’après mes échantillonnages, que 80% d’entre eux ont eu des « écarts » au célibat. D’ailleurs, comme le dit très justement Mgr Gaudette, mon directeur de thèse : « (…) dans la terminologie adoptée par la religieuse sexologue, le mot « écart » pouvait recouvrir un grand nombre de comportements ». Faut-il savoir ce qu’est un engagement au célibat. Ce fut ma grande surprise lors de mon investigation en constatant que l’engagement au célibat n’était pas clair. Pour beaucoup d’entre eux, ça se résumait à ne pas avoir de relations sexuelles. Pourtant, c’est beaucoup plus profond que cela…

 

« Écart » 

Voici ce que j’entends par écart: L’écart inclut une variété de conduites et d’attitudes banalisées qui font pourtant dommage au célibat. Pour en donner quelques exemples mineurs : attachement irrégulier à une personne-chose-lieu de mission, autoérotisme avec fantasmes de vie de couple, vu de pornographie avec autostimulation, amourette, nourrir l’amourachèrent, confusion dans l’amitié, vivre des relations de dépendances qui conduisent à des échanges (lettres, téléphones, contacts amoureux, etc.) l’incapacité d’être libre devant des jeux, internet ou encore Facebook.

Des recherches ne se font jamais sur une population entière : il faut cibler des groupes.

C’est ce que j’ai fait sous la direction d’un comité de thèse. Croyez-moi, les exigences n’ont pas manqué. Mes groupes témoins ont été pris dans cinq pays différents, avec cinq groupes composés de religieux (euses), prêtres, tous en postes d’autorités; ça ne devait pas être au préalable des malades. C’est-à-dire, ne présentant aucune pathologie psychiatrique diagnostiquée. 

Chacun des groupes était composé de 30 à 50 participants, hommes et femmes. Le résultat de 80% demeure très conservateur en comparaison à l’étude réalisée. J’ai simplement baissé, pour situer le célibat religieux au niveau des laïques, dont 80% d’entres d’eux ont de la difficulté à vivre leur engagement de couple en fidélité.

Je suis religieuse et catholique, devant des réalités bouleversantes et même inimaginables, dont je fais état dans mon livre, j’ai fait de multiples tentatives d’informer les autorités religieuses, pour que les auteurs de ces actes et leurs victimes puissent recevoir l’aide appropriée. Ces efforts furent malheureusement en vain. 

Je me questionne et me dois de dénoncer encore quelques glissements d’interprétation dans le document de Pastorale Québec. Il est dit : « or, elle semble vouloir nous faire croire que si tout le monde suivait ses sessions et son enseignement, tout serait réglé», ce qui est impossible». Cette expression est très questionnable venant d’un psychologue. Je ne suis pas responsable de l’interprétation du lecteur. 

Je ne suis pas extrémiste, comme il est dit, à ce point de dire ce que M.Laflamme et Soeur Richard avancent. Je n’ai jamais dit que le modèle MIGS règle tout et à 100%.

Mais oui, je crois profondément qu’il est un outil nouveau que je complète avec la sexoanalyse pour mieux comprendre les errances à l’engagement vocationnel et offrir une intervention adéquate. Cela se veut une piste concrète de solution. Tout intervenant compétent doit choisir le ou les modèles qui lui semblent le plus appropriés.

Un autre aspect que je veux partager, ce sont les protocoles que des églises ont mis sur pied pour accompagner les personnes victimes. Je n’ignore aucunement ces protocoles qui sont bien écrits sur papier. Malheureusement, j’ai rencontré plus de cinquante personnes d’ici et d’ailleurs qui se sont senties repoussées et non accueillies par le représentant de l’église, incapable d’écouter la détresse de ces personnes. Des groupes de religieuses et de laïcs ont même envoyé des lettres à des autorités religieuses pour dénoncer des faits pervers et n’ont pas été accueillis.Je comprends que la majorité des religieux (euses), prêtres, gardent silence sur leurs expériences douloureuses. Je me permets de questionner les compétences à entendre de telles révélations et d’agir pour le bien de l’humain.

Je suis membre d’une église qui par son nom est universelle. Souvent, je me demande ce que dirait Jésus en visitant les recoins cachés de nos institutions religieuses. Vivre le célibat est un projet de vie qui nécessite une formation spécifique, du début et tout au long du projet vocationnel. C’est un avancement vers le meilleur.

N’oublions pas, chers collègues religieux que notre monde est profondément blessé par nos paroles sévères, nos regards durs qui sont de graves errances. Il est temps de demander la grâce de nous libérer de notre sainte image et d’être dans notre vérité, la seule qui permet un processus de libération.

En résumé, le document semble teinté d’interprétation et de rappel à l’ordre, désuets dans les temps actuels. N’oublions pas que le but de mes études en sexologie se veut une réponse à la demande du département de la congrégation religieuse du Vatican de faire un doctorat avec le modèle MIGS, était d’offrir un appui à la formation au célibat qui doit être vécu sainement avec enchantement et fidélité. Je constate, une fois de plus, une fermeture qui empêche de grandir en église. J’ai très mal à mon église, mais je l’aime, et je crois en sa mission et son potentiel. Je crois, de plus en plus, que c’est de la laïcité que peut naitre une nouvelle évangélisation. Bien évidemment, le monde religieux est invité à y participer activement.

Marie-Paul Ross, M.A., Ph.D.Religieuse, conférencière et docteure en sexologie clinique

Institut de Développement Intégral * Sœur Marie-Paul Ross, 2011 : Je voudrais vous parler d’amour… et de sexe, édition Michel Lafon, Paris, 238 p.

 

Commentaires du journaliste

Sœur Ross a visiblement été piquée par notre travail. Elle nous reproche de l’avoir présentée comme « instigatrice » du MIGS; c’est pourtant une utilisation courante du terme. Surtout, personne ne lui conteste la paternité de cette démarche, c’est là, il me semble, ce qu’il fallait écrire. Elle s’attarde aussi sur le qualificatif de « co-directeur » (de sa thèse) attribué à Mgr Pierre Gaudette, qui m’a à plusieurs reprises souligné qu’il avait supervisé son travail « avec plusieurs autres personnes »; Pierre m’a d’ailleurs expliqué que ladite thèse chevauchait plusieurs disciplines à la fois. 

Sœur Ross s’aperçoit peut-être un peu tard que quand on veut utiliser les médias, fut-ce pour faire « décoller » la vente d’un livre, on doit peser le poids de ses déclarations. Ses déclarations fracassantes (répétons-le) et très contestables ont gravement blessé de très nombreuses personnes en Église. Elle aurait eu l’occasion de nuancer ou préciser ses propos à plusieurs reprises mais ne l’a pas fait. Voici qu’elle écrit maintenant que ses « écarts » en matière de sexualité recouvrent toute une gamme de comportements, du téléphone à Facebook en passant par les jeux vidéo et l’attachement exagéré à une tâche ou une mission.

Nous voici bien loin de ce que le public entend généralement par le mot « sexualité ». Peut-être gagnerait-elle à parler plutôt d’affectivité ? Quoi qu’il en soit, ce paragraphe en haut de sa page 3, sous l’intertitre « Écart », peut s’avérer très utile pour mieux comprendre ce qu’elle dénonce mais qu’elle a systématiquement oublié de spécifier dans ses nombreuses interventions médiatiques. C’est cette médiatisation, comme l’indiquait clairement le titre de notre article, que nous avons demandé à des prêtres et des religieuses de commenter, non sans raisons.

Il me paraît très clair, en fin, que nous n’avons aucunement « remis en question (ses) compétences ». Au contraire, d’aucuns nous ont fait remarquer que nous avions « insisté beaucoup » pour réaffirmer la validité de sa démarche. Nous avions bien expliqué pourquoi nous ne lui donnions pas la parole, cette fois-ci : alors qu’elle est très présente dans les médias, bien plus visible et bien plus connue que nous, nous voulions donner la parole à d’autres… pour une fois ! Pour ma part, je referais la même chose sans la moindre hésitation. De même, je ne regrette aucunement d’avoir publié une recension très favorable de ses deux premiers livres, ni d’avoir souligné les honneurs qu’elle a reçus.

René Tessier, prêtre Rédacteur en chef de Pastorale-Québec

 

 

CONFÉRENCE DE PRESSE

10 Janvier 2012

  «Volume : J’aimerais vous parler d’amour…d’amour et de sexe »

 

Introduction :            Mot de bienvenue, remerciements du déplacement.

Objet : Vous parlez de mon livre sorti en France en octobre 2011 qui a connu un franc succès autant au Québec qu’en Europe.  Par contre, l’accent médiatique a été mis uniquement sur les 26 dernières pages et a fait beaucoup de bruit médiatique, surtout avec Pastorale Québec, la revue diocésaine de Québec.  Des personnes liées à l’Église se sont permis d’en faire une critique négative, sans même avoir eu le loisir de lire l’ouvrage au complet. Le but de cette rencontre qui se veut avant tout conviviale, est de pouvoir exprimer ce que je n’ai pu faire, tant à travers certains médias qui ont ciblé le côté sensationnaliste de certains de mes propos, et surtout pouvoir exprimer et clarifier des éléments de mon livre que je juge important et pertinent. C’est la raison pour laquelle, je viens aujourd’hui devant vous, présenter mon ouvrage et surtout prendre la parole sur certains faits.

Je suis infirmière depuis 1976 et sexologue clinicienne depuis 1989. J’ai œuvré dans 27 pays différents tant avec une clientèle laïque que religieuse.  Mon expertise m’a permis de scruter des jardins secrets, de clarifier des tabous et de mieux comprendre les problématiques affectives et sexuelles souvent cachées sous le couvert de reconnaissance académique, intellectuelle et professionnelle.

 Je reviens d’une mission en Afrique, et durant mon travail en Amérique du Sud, j’ai pu constater certaines situations qui m’ont amené, non seulement des réflexions, mais aussi des pistes de solution dont je fais part dans mon livre, et qui ont suscité la controverse surtout au sein de l’Église. Mon geste se veut avant tout un geste d’ouverture. Car le but premier n’est pas tant de dénoncer, mais bien d’aborder des problématiques diverses et tenter d’y trouver des pistes de solution.   Je n’invente rien dans mon livre, je ne fais que relater ce qui a pu être constaté dans une démarche empirique effectuée auprès de plus de 200 personnes et que j’ai eu à confirmer par la suite, lors de mes interventions. Les mêmes données se répètent constamment.    Je me sens exclu de mon Église, alors que mon but premier est de pouvoir l’aider. Pourquoi ne pas tenter tous ensemble d’essayer d’éponger l’hémorragie.  Depuis des années, des problèmes de sexualité refont surface dans les manchettes tous les jours.  Je ne peux que constater, le manque de ressources en la matière.

Si mon livre a connu autant de succès, s’est si bien vendu, c’est qu’il répondait à un besoin urgent de vérité, de réparations, voir de pistes concrètes de solution. Je tiens à préciser que l’argent octroyé par la vente de ces volumes finance la Fondation affiliée à l’Institut de Développement Intégral (IDI) qui a pour but de venir en aide à ceux qui sont en détresse.  Cet Institut fondé à Québec en 2003, malheureusement très peu connu, offre des services d’éducation, de formation et d’accompagnement, pour une meilleure connaissance du fonctionnement humain et un apprentissage à l’autothérapie.

Je constate que trop de personnes de tout âge souffrent de situations douloureuses, sans recevoir l’appui et l’aide nécessaire, pour se récupérer et jouir d’une meilleure qualité de vie.

Je voudrais vous présenter trois principaux points :

Point 1.          Le but du livre

ü  Démontrer la détresse sexuelle au niveau international et l’urgence d’offrir des pistes de réflexion pour redonner à la sexualité humaine sa place, sa noblesse et son but. 

ü  Répondre aux multiples interrogations et apporter un éclairage sur :    comment une religieuse a pu devenir sexologue si elle ne pratique pas la sexualité? 

ü  Promouvoir la santé globale en permettant aux victimes sexuelles, quand ils étaient enfants où à l’âge adulte de :

  • se déculpabiliser, et d’être soulagées d’une détresse souvent silencieuse, se croyant uniques et très malades.
  • de leur enlever l’épée au cœur qu’ils gardent depuis longtemps,
  • de les inviter pour le moins à traiter leurs blessures,
  • de leur permettre de trouver une personne membre de l’Église et spécialiste dans le domaine, prête à les accueillir et à les écouter :
  • de mieux comprendre les situations problématiques qu’elles ont souffertes.

ü  Soulager les personnes témoins de situations dysfonctionnelles, de la part de membres du clergé et d’institutions religieuses. Elles gardent silence depuis très longtemps, par crainte de représailles.

ü  Offrir un éclairage sur différentes situations et tabous au sujet de la sexualité.

ü  Ne plus être complice de situations dysfonctionnelles dans mon Église, en invitant à répondre à un besoin urgent de formation et d’accompagnement spécialisé en maturité affective et santé sexuelle, afin de contrer  les scandales qui s’accumulent et donner sens et valeur à la mission que l’Église porte.

Point 2.          Controverse de la part des membres de l’Église

ü  Réclamer mon droit de parole devant des insinuations, interprétations et accusations   publiques.

ü  Briser un silence qui détruit de plus en plus la crédibilité de l’Église catholique.

ü  Corriger de fausses allégations :

-  Je ne suis pas instigatrice  d’un mode d’intervention, mais Fondatrice   (initiatrice) du modèle d’intervention globale en sexologie (MIGS).

-  Les dites ‘’déclarations fracassantes’’ se situent au niveau international et le 80% demeure très conservateur.

- Je n’ai pas dit 80% des prêtres et religieux se permettaient des écarts en matière de sexualité, mais, en parlant de promesses de célibat sacerdotal et religieux… 80% d’entre eux ont eu des écarts.  Il faut comprendre que le cœur de l’engagement au célibat est la maturité affective.  Le 80% est un faible pourcentage, suite aux résultats déjà publiés en 2000 dans mon investigation doctorale.  De plus, des études publiées à Rome en 1978, dirigées par Luigi Rulla et son collaborateur, affirment qu’après une longue étude autour de 20% des personnes consacrées souffrent d’une psychopathologie grave et 60-% serait inconsistant (immature) et agirait comme tel. 

-Affirmer que 80% est une «conclusion exagérée et une généralisation qui faussent la réalité» est malheureusement une négation d’une réalité internationale, qui n’est pas traitée et brise l’image et la mission d’une église qui essaie de porter un message de respect, de vérité, de liberté et de fidélité. 

-Le traitement médiatique dit : « hors de l’ordinaire» s’est fait à la demande des médias.  Les termes « hors de l’ordinaire» et «multitude de médias» ne correspondent pas à la réalité.  La publicité correspond simplement à la sortie d’un ouvrage d’intérêt public. 

-Donner la parole à des personnes dites « ayant elles aussi une solide expertise dans le domaine» sans ouvrir un dialogue avec la principale intéressée est une tactique qui va à l’encontre de l’éthique et des droits humains.  Y a-t-il ici un manque de rigueur journalistique? 

-Les affirmations «elle fait des confesseurs, des voyeurs, et prétend que les prêtres sont des accompagnateurs spirituels, abusent des gens» n’appartiennent pas à l’auteur, mais sont des interprétations de l’Abbé Laflamme. Je ne présente pas ces affirmations, je parle des accompagnateurs, mais pas les accompagnateurs. 

-La citation « elle semble nous faire croire que si tout le monde suivait ses sessions et son enseignement, tout serait réglé…» est une interprétation gratuite qui ne m’appartient pas.  J’offre simplement un outil parmi d’autres. 

-Suite aux dires de M. Côté : «elle emprunte un discours presque populiste….les simplifications outrancières, et les généralisations abusives.  Ce dernier chapitre est un véritable feu d’artifice d’évènements et d’élément singulier, qui fait « la bonne chère» des médias…»  Je trouve malheureux ces interprétations qui entachent la crédibilité à une expertise scientifique.  Ces réactions ne font que réaffirmer des problématiques présentées dans le volume.  Je constate une fois de plus l’interdit de soulever des réalités bouleversantes qui brisent des personnes et la crédibilité de mon Église.

Quand un spécialiste soulève une problématique de santé sociale en apportant des exemples, il n’affirme pas que toute la société soit malade, mais il se doit de faire connaître une réalité qui doit être considérée et traitée par la santé publique.  En tant que société, il est primordial de reconnaître qu’il existe une problématique sexuelle préoccupante, et cela, depuis des siècles. 

Si devant cette portion «pointe de l’iceberg» la réaction est si forte et,    même abusive, je comprends davantage la crainte et la déception des victimes essayant de dévoiler leur vécu, sans pouvoir être accueillies et aidées. 

Les nombreux scandales des dernières années concernant des gestes d’irrégularité sexuelle de membres de l’Église, sont-ils réellement pris au sérieux?  Pourtant, la population a besoin d’aide pour mieux comprendre ce désordre.  Nous laissons grand nombre de fidèles délaisser l’Église. Avons-nous suffisamment d’empathie pour leur permettre de dire leurs déceptions et leurs détresses devant une institution qui perd de plus en plus sa crédibilité? 

Un récent communiqué affirme que plusieurs lecteurs et lectrices de la Revue Pastorale Québec ont souligné leur appréciation à l’article.  Le tout publié à nouveau sans que je n’ais eu à nouveau le droit de parole. Je tiens à vous souligner que depuis la sortie de mon dernier livre, j’ai reçu plus de 50 courriels et rencontré dans les Salons du Livre de Montréal, de L’Estrie et à Rimouski, plus de 300 personnes qui ont lu le livre, se montrent très reconnaissantes.  Ils se disent soulagés de rencontrer une religieuse qui enfin leur permet d’accueillir et de comprendre leur détresse.  Ça leur enlève une épine au cœur.  Ce silence qu’elle porte depuis des années contribue à tuer leur goût de vivre, et est tributaire de leur éloignement face à l’Église.  Que de révélations reçues lors de ces évènements, qui m’ont permis de constater des réalités douloureuses,  cachées au Québec, et cela, depuis des décennies.

Je suis religieuse-missionnaire, non pour sauver l’image de mon Église, mais bien pour collaborer à sa croissance.  Ma priorité avant tout est la promotion d’une sexualité saine tant au sein de mon Église que chez les laïcs, qui ont le droit d’être servis avec dignité et respect. 

Point 3.          Fondation Marie-Paul Ross

ü  Venir en aide aux jeunes familles qui n’ont pas les moyens financiers de participer à l’école des parents : enseigner aux parents comment  traiter la détresse de leurs enfants et les aider à intervenir de façon plus adéquate dans des situations de crises. 

ü  Gérer la croissance des membres de leur famille.

ü  Suite à un projet pilote d’une durée de 4 ans, nous devons élaborer des outils pour l’éducation sexuelle.

                        .  Manuel pour les parents

                        .  Manuel pour les jeunes

                        .  Manuel pour les éducateurs

 

Marie-Paul Ross, M.A., Ph.D. Docteur en sexologie clinique                  

 

 

CONFÉRENCE PUBLIQUE EN FÉVRIER

Les Grands Dossiers du Montmartre

Dre MARIE-PAUL ROSS PRONONCERA UNE CONFÉRENCE LE 

Mercredi, le 15 février, à 19h30

 

Et si le corps existait : l’érotisme et la sexualité

Le corps est un mystère qui nous habite et que nous habitons. Comment vivre l’épanouissement et l’harmonie du corps et de l’esprit au quotidien ? 

La conférence se termine à 21h00.

Contribution suggérée de 10 $

Contact : Réal Martel 418-683-3597

 www.lemontmartre.net

 

 

Montmartre

1669, chemin St Louis

G1S 1G5 Québec    

(Au croisement du chemin St Louis et de la rue du Maire Beaulieu)

 

   

CONFÉRENCE DU Dre ROSS À JOLIETTE

LOTUS ET  CIE   

www.lotusetcie.com

Lieu: Salle Envol 1270, rue Ladouceur Joliette, Québec, J6E 3W7
Date: 28 mars 2012 à 19h30

Prévente jusqu'au 13 mars 2012 : 25 $, taxes incluses    Régulier : 27.50 $, taxes incluses

(450) 755-3715

Titre de la conférence : Laissez-moi vous parler d'amour... et de sexe

Marie-Paul Ross, sœur missionnaire, a consacré vingt années de sa vie à l'Amérique latine. C'est là qu'elle a découvert, outre une intolérable pauvreté, où pouvait mener l'ignorance d'une sexualité naturelle, nécessaire et merveilleusement humaine, au profit d'une sexualité bestiale où le corps est devenu simple objet de consommation. Et force lui est de constater que ce phénomène est désormais courant dans nos sociétés…

De retour au Canada, elle est devenue sexologue clinicienne et a fondé son propre centre de thérapie. Elle s'attaque ici à des problèmes qui nous concernent tous. La sexualité trop précoce des jeunes, celle des couples et leur méconnaissance de l'érotisme (eh oui !), les bienfaits et les méfaits de la masturbation, l'avortement, les déviances, mais aussi l'homophobie qu'elle condamne violemment.

Elle s'insurge contre le double discours de l'Église, si conservatrice et bornée à l'égard des laïcs, et si compréhensive quant aux abus sexuels commis par les religieux. Et elle considère par ailleurs que les séculiers devraient pouvoir se marier.

Marie-Paul Ross a obtenu le premier doctorat sur mesure en sexologie clinique. Elle a reçu ce titre à l'Université Laval en complétant le premier doctorat sur mesure dans une université francophone. Le but de sa thèse était de mettre au point et de valider un Modèle d'Intervention Globale en Sexologie - MIGS ainsi que de démontrer sa pertinence et son effet. En plus de ses compétences professionnelles, Marie-Paul Ross est avant tout une femme de tête et de cœur qui dépasse les limites imposées lorsqu'il en va de l'intérêt de l'être humain. Ses accomplissements nous démontrent qu'il est possible de venir à bout des obstacles sur le chemin de la vie.