La détresse sexuelle des jeunes
La détresse sexuelle des jeunes
Enfin, le voile commence à se lever sur une réalité bouleversante. Depuis quelques années, les média nous permettent d’avoir accès à une petite portion de la pointe de l’iceberg en ce qui concerne la détresse sexuelle.
Traiter adéquatement ce sujet semble être une mission impossible. Heureusement, la clinique et la science sexologique nous apportent des pistes d’intervention que le public a besoin d’avoir.
Dernièrement, nous avons entendu : « Ma première pipe à 11 ans », « J’ai 12 ans et je pratique le fuck friend ». De plus en plus de jeunes s’adonnent à des concours de fellation ; la fille, encore utilisée comme objet de sexe, doit avaler pour être cool.
La consommation courante de la porno est accessible à tous : enfants, adolescents et adultes. En général, nous minimisons l’imprégnation de perversion qui habite le cerveau des consommateurs de porno. Il ne faut donc pas se surprendre qu’une vague de violence et de perversions sexuelles viennent inonder notre société.
La majorité des parents et des tuteurs ignorent la panoplie de conduites sexuelles déviantes que les jeunes adoptent et considèrent comme étant la normalité dans les relations sexuelles.
Aujourd’hui, la société croit que c’est une minorité qui s’adonne à ces pratiques déshumanisantes et bouleversantes. Malheureusement, la clinique et les rencontres avec les jeunes nous donnent l’heure juste. Nous ne pouvons plus parler de minorité.
Les conséquences de ce « full sexe sans amour » devraient faire l’objet d’une critique sérieuse des propositions et des modes d’intervention véhiculés par un grand nombre d’intervenants.
Les jeunes ont raison de dire : « Nous n’avons pas choisi d’être dans ce merdier sexuel ! C’est ce que la société nous a proposé ». Ils ajoutent : « Maintenant, on nous traite d’irresponsables et de déviants ». Les jeunes ont raison de dire cela. Ils n’ont pas reçu ce dont ils avaient droit. La société adulte doit refaire ses devoirs. Les jeunes ont droit à des propositions qui les mettent sur le chemin de la santé globale et d’une sexualité humaine et épanouissante.
Il est urgent de lever le voile sur cette détresse humaine ; il est donc essentiel d’offrir au public des outils pour mieux comprendre ce phénomène. En clinique, nous avons la chance de constater que l’être humain a un grand potentiel afin de récupérer sa dignité. A titre de sexologue clinicienne, je ne partage pas le déterminisme que l’on lie à l’abus sexuel : une victime ne reste pas nécessairement marquée pour la vie. Tout dépend de son choix profond, des outils d’intervention et de la compétence de l’intervenant.
Donnons à l’être humain la chance de découvrir ses ressources intérieures : il saura alors se mettre debout.
Marie-Paul Ross, M.A., Ph.D.
Sexologue clinicienne
Psychothérapeute et infirmière
Membre de l'association des sexologues du Québec
Membre de l'ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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