La guerre en Irak : Donner un sens à ce qui n'a pas de sens.
La guerre en Irak : Donner un sens à ce qui n'a pas de sens.
La guerre en Irak, une guerre que l’on voulait courte , dure toujours. Elle n’est pas finie et on parle de reconstruction, comme si on voulait se persuader que l’essence même d’une guerre n’est pas de détruire, d’anéantir la tête dirigeante, les postes de commandement, les infrastructures militaires et tout ce qui permet à l’ennemi de résister pour se maintenir en vie. Et il faut aller un peu plus loin : couper l’électricité, l’approvisionnement en eau et en nourriture, un peu plus loin que le cadre militaire, ignorer la population civile. À travers le temps, les moyens ont changé, mais la tactique demeure la même. La guerre ignore la vie car son but est de détruire.
La guerre détruit la vie des combattants et de leur famille. Si par inadvertance, des civils sont tués, on qualifie ces événements de dommages collatéraux. Résultat : des enfants, des femmes, des hommes tués innocemment, blessés, estropiés pour la vie, des familles disloquées. Et comment qualifier les traumatismes profonds causés par les bombes « intelligentes » qui se trompent, laissant les enfants, les femmes, les hommes atterrés, les mains sur les oreilles, les yeux ahuris, terrorisés, dans l’attente?
Suffit-il de croire qu’une fois la guerre terminée, il s’agit simplement d’oublier et de reconstruire? Reconstruire, c’est d’abord enterrer les morts, soigner les blessés, assurer l’aide humanitaire, rebâtir les infrastructures, rétablir un nouvel ordre politique et économique. Qu’en est-il de la reconstruction des êtres humains défaits? Comment guérir du malheur? Comment redonner la santé globale?
L’être humain en danger développe des mécanismes de survie, mais une fois le danger passé, ces mécanismes sont problématiques. Des traumatismes profonds peuvent habiter l’individu très longtemps. L’héritage des souffrances humaines causées par la guerre se transmet de génération en génération. La médaille de bravoure et le renforcement du sens patriotique ne guérissent pas du malheur.
Pensons-nous aux combattants et à leur famille (enfants, conjoint(e)s, parents) traumatisés par la guerre? Et que dire des problèmes affectifs et sexuels qui en découlent? L’angoisse causée par la guerre sera-t-elle traitée? Notre gouvernement canadien qui offre d’emblée sa collaboration donnera-t-il priorité à la reconstruction des personnes détruites dans leur être?
A-t-on pensé à assurer des thérapies post-traumatiques à tous ceux et celles qui ont vécu les affres de cette guerre ou nous limiterons-nous simplement à investir dans le béton, le politique et l’économique? L’être humain ne mérite-t-il pas plus de considération? Aurons-nous appris à travers un long et laborieux travail de reconstruction de l’être humain à retrouver le véritable sens de notre humanité qui est de nous aimer et alors, aurons-nous la force et le courage de ne plus jamais faire la guerre?
Marie-Paul Ross, M.A., Ph.D.
Sexologue clinicienne
Psychothérapeute et infirmière
Membre de l'association des sexologues du Québec
Membre de l'ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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