Droit au but
Droit au but
Les résultats des dernières enquêtes sur la croissance des ITS (Infections Transmises Sexuellement), appelées aussi MTS, maladies honteuses ou maladies vénériennes, nous questionnent-ils ou nous laissent-ils indifférents?
Nous sommes dans une société qui continue à promouvoir une sexualité précoce, donc une consommation de sexe pour le plaisir. Devant l'absence d'éducation sexuelle sérieuse et adéquate chez nos jeunes, même si des ministères et plusieurs intervenants s'efforcent de mettre en place des programmes, qu'en est-il de la santé sexuelle de nos jeunes?
Un enfant ou un adolescent ne peut pas être prêt aux niveaux émotif et affectif à s'impliquer dans une relation sexuelle. Il est préoccupant qu'une société qui prône la promotion de la santé globale et la protection de la jeunesse, qui établit sur le plan médical l'âge mineure de 0 à 18 ans et qui oblige les parents à se responsabiliser envers leurs enfants jusqu'à l'âge de 18 ans, ne tienne pas compte de l'âge du développement affectif de nos enfants et de nos jeunes en ce qui a trait à la prévention et aux véritables coûts. Il est tout à fait incompréhensible que notre système judiciaire considère l'enfant de 14 ans comme apte à décider de ses conduites sexuelles.
Aussi, notre société « pornographisée » fait la promotion d'une sexualité centrée sur le plaisir sans en calculer les conséquences et le prix à payer. Oui, nos jeunes sont « full hormones » et ils sont constamment stimulés à vivre le « full sexe ».
Qui dans notre société aura le courage d'affronter le défi de se mettre debout devant ce désordre social approuvé par bon nombre d'intervenants? Loin de faire de l'éducation sexuelle, les multiples programmes proposés semblent ignorer l'expérience émotive et affective de nos jeunes. Même nos adultes ayant un cerveau qui a atteint sa maturité physique ont majoritairement de la difficulté à gérer leur sexualité et à se responsabiliser de leurs conduites sexuelles. Les conséquences néfastes aux niveaux physique, affectif et social d'une sexualité désorganisée sont aussi très fréquentes chez les adultes. Il ne faut donc pas se surprendre du prix que nos jeunes paient pour une sexualité précoce qui ne correspond pas à leur phase de développement affectif.
Quel héritage donnons-nous à nos jeunes pour une sexualité saine? Quelle formation nos enfants et nos jeunes reçoivent-ils pour se préparer à une sexualité intégrée et adaptée à leur âge et à leur capacité affective ?
Contribuables réveillons-nous! Des millions de dollars sont engloutis dans des programmes de « supposée éducation sexuelle » et à des soins médicaux conséquents à une sexualité précoce, sans promouvoir la responsabilité. Il faut être prêts à ramasser les dégâts.
Société cessons de nous leurrer ! Notre jeunesse grandit dans un climat où tout est basé sur l'illusion qu'il y a urgence de vivre l'expérience sexuelle pour être heureux, que pour atteindre une certaine maturité, il y a nécessité sur ce plan! Nous partons-là sur de bien fausses prémisses. Nos jeunes sont victimes de cette confusion qui n'a pas de bases scientifiques.
Nous constatons qu'il y a énormément de ravages sexuels chez nos jeunes. Quand y aura-t-il des lois coercitives pour promouvoir la santé sexuelle chez nos jeunes et chez nos intervenants ?
Marie-Paul Ross, M.A., Ph.D.
Sexologue clinicienne
Psychothérapeute et infirmière
Membre de l'association des sexologues du Québec
Membre de l'ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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